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Interview avec Wyn Ekore Kassa : « Mon objectif à long terme est de vivre de ma passion »

Après vous avoir présenté son œuvre lauréate du prix du jury du dernier Grand Prix de la Bande Dessinée Gabonaise édition 2019, l’association IKOKU France vous dévoile un peu plus l’auteur de la bande dessinée « Je ne t’oublierai jamais », Wyn Ekore Kassa, au travers d’une interview. Le jeune homme, un peu timide, réservé mais qui ne manque pas d’assurance, s’est prêté au jeu des questions réponses.

Pouvez-vous vous présenter ?

Bonjour, je me nomme Ekore Kassa, j’ai 20 ans et vis actuellement à Port-Gentil.

Que faites-vous dans la vie ?

Je suis encore élève, vu que je prépare mon bac en candidat libre. Je prépare aussi des projets de bandes dessinées.

À quel âge avez-vous commencé à vous intéresser au dessin et à la bande dessinée ?

Je m’y suis intéressé très jeune, j’avais 5 ans. C’est devenu une vraie passion à partir de l’âge de 11 ans, et j’ai continué à dessiner depuis non stop.

Quelles sont vos plus grandes influences en matière de bande dessinée ou d’illustration ? Que lisez-vous ces derniers temps ?

Les mangas romantiques et d’actions. Je lis aussi un peu de bande dessinée franco-belge, mais pas trop. J’aime beaucoup les illustrations de Kim Hyun Jin, qui réalise de très belles œuvres et qui sont une source d’inspiration pour moi. Je lis actuellement l’Enfant et le Maudit, My Hero Academia, des classiques comme Candy ; je lis aussi One Piece, Black Clover, One Punch Man pour la qualité du dessin, et plein d’autres mangas assez variés. Je lis également des shōjo.

Comment avez-vous appris le dessin ? Avez-vous suivi une formation ?

Non, je suis autodidacte. Je n’ai pas eu de formation pour le dessin.

Comment avez-vous découvert le GPBDG 2019 ?

J’ai découvert le GPBDG 2019 au travers d’un ami qui m’en a parlé. A l’époque je préparais déjà une bande dessinée de 20 pages. J’étais à la fois très surpris et très content. Surpris et content d’abord d’apprendre qu’un concours de bande dessinée était organisé au Gabon, mais aussi par la condition concernant le nombre maximum de pages qui coïncidait avec la bande dessinée sur laquelle je travaillais déjà. J’ai sauté sur l’occasion.

Parlez-nous un peu de « Je ne t’oublierai jamais ». D’où vous est venu l’idée de cette bande dessinée et pourquoi le choix de ces deux personnages ? Combien de temps vous a pris la création de cette œuvre ?

C’est l’histoire d’un orphelin qui rencontre une jeune bourgeoise, et tous les deux vont s’attacher l’un à l’autre et partager leurs peines et leurs craintes. Ce scénario m’est venu alors que je regardais un film racontant l’histoire d’un garçon orphelin. Ce film était rempli d’émotions et m’a beaucoup inspiré pour la création de l’œuvre. J’ai créé les personnages sur la base de l’histoire que j’avais imaginée, et leur design m’est venu tout naturellement. La création de l’œuvre m’a pris une vingtaine de jours.

Vous souvenez-vous du titre du film en question ?

Non, désolé. Je me souviens juste que c’était l’histoire vraie d’un footballer américain.

C’est sûrement « The Blind Side » avec l’actrice américaine Sandra Bullock.

Oui, c’est ça.

Aviez-vous bon espoir de remporter l’un des deux prix ?

Non, je ne pensais pas en remporter. J’ai utilisé un téléphone portable de pas très bonne qualité pour finaliser la bande dessinée, pour la pose des trames par exemple. De plus, mes amis en voyant la bande dessinée me disaient que ce n’était pas ma meilleure œuvre, sans compter le fait que les autres participants avaient un sacré bon niveau. Du coup, je n’étais pas très confiant.

Quelle technique avez-vous utilisée pour votre bande dessinée ?

J’ai d’abord fait le crayonné (storyboard) puis l’ancrage sur feuille. J’ai ensuite scanné les planches avec mon smartphone. Puis au travers de l’application ibis Paint X j’ai appliqué des trames aux planches et mis les textes dans les bulles.

Quelle a été votre réaction lorsque vous avez su que vous étiez le lauréat du prix du jury ?

C’était vraiment incroyable. Toute ma famille était contente. Tout le monde sautait et était heureux pour moi. Et ceux qui dévalorisaient ma passion, et ne la prenaient pas au sérieux l’ont enfin valorisé. J’étais vraiment très content d’avoir gagné quelque chose avec ce que j’aime faire, dessiner.

Quelles sont vos perspectives d’avenir ? Que souhaiteriez-vous faire dans le futur ?

Mon objectif à long terme est de vivre de ma passion. Parce que j’aime faire ça, et je ne veux faire que ça. Je ne sais faire que ça, donc ça me plairait beaucoup de vivre de ce que j’aime faire.

Avez-vous un ou des projets de bande dessinée en cours ?

Oui, j’ai plusieurs projets en cours sur lesquels je travaille. Je planche sur les personnages, sur les synopsis et sur les storyboards.

Avez-vous un conseil à donner aux aspirants auteurs de bande dessinée gabonais, d’Afrique ou d’ailleurs dans le monde ?

Si j’avais un conseil à donner à d’autres auteurs comme moi, à des passionnés, c’est de ne jamais abandonner, peu importe son style de dessin et se forcer à travailler. Et surtout ne pas se focaliser sur le travail des autres, mais sur le sien, sur ce que l’on sait faire et ce que l’on aime faire. Parce que l’essentiel est d’avancer dans ce que l’on aime faire, sans faire une fixation sur les dessins des autres, et de progresser.

Un dernier mot ?

C’est grâce à ce concours que j’ai pris de l’assurance. Parce que des membres de ma famille minimisaient ma passion pour la bande dessinée, en me répétant que ça ne paye pas au Gabon et en m’encourageant à arrêter. Mais j’ai gardé espoir qu’une opportunité comme celle du Grand Prix se présenterait un jour. Donc je remercie vraiment IKOKU France pour le coup de boost, et de m’avoir donnée de l’assurance. Et désolé pour les réponses données à la va-vite, c’est dû au stress (rires). Désolé et merci.

Si cette interview a piqué votre curiosité concernant l’univers artistique de Wyn Ekore Kassa, vous pouvez découvrir une autre de ses bandes dessinées en suivant le lien suivant : https://www.mangadraft.com/reader/red-heart/213345

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